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Devenir une bonne personne

11 octobre 2016 – TCV Upper Dharamsala, Inde

Le Gyalwang Karmapa commence sa deuxième journée au TCV par une circumambulation du temple tout en faisant tourner les moulins à prières, puis il échange quelques mots avec les professeurs et le personnel. 

Ensuite, il se rend dans quelques classes d’élèves du collège et du lycée. À certains moments, le Karmapa reste à l’arrière de la classe et observe, à d’autres moments il se tient à côté du professeur ou près d’un élève et regarde comment l’élève prend des notes ou étudie dans son livre. Dans le laboratoire de science, les élèves lui montrent les projets qu’ils viennent de terminer.

L’après-midi, le Karmapa revient dans la grande salle et s’adresse aux élèves ainsi qu’aux enseignants. Le Karmapa est assis sur l’estrade, au-dessous d’une grande représentation du Bouddha ; il rappelle qu’il est venu de nombreuses fois dans cette école et dans d’autres écoles du TCV. Cependant, cette fois est une occasion spéciale car il peut passer avec eux trois jours consécutifs, et il remercie tous ceux qui ont rendu l’événement possible.

Le Karmapa explique qu’il se sent plus vieux que son âge à cause de toutes les expériences difficiles qu’il a rencontrées, puis il revient sur son enfance : « Jusqu’à l’âge de sept ans, j’étais un enfant comme vous tous. J’étais un enfant ordinaire et tout à fait normal. » Il raconte qu’on lui a dit qu’il y avait eu des signes spéciaux à sa naissance – mais lui n’en a pas fait l’expérience – et ses voisins au village pensaient qu’il était spécial. Ses parents sont allés voir des lamas pour savoir qui il était. Puis le groupe qui recherchait la réincarnation du Karmapa est venu dans son village, dans une région reculée qui s’appelle Lhatok (lha thog).

Sur un ton plus léger, en aparté, il remarque : « Beaucoup de gens ne savent pas où se trouve mon village. Certains pensent que je suis de l’Amdo, d’autres pensent que je suis de l’Utsang, et d’autres encore pensent que je suis du Kham. En fait, c’est très bien. Quand je suis avec des gens du Kham qui pensent que je suis Khampa, je parle un peu leur langue. Quand je suis avec des gens de l’Utsang qui pensent que j’en suis aussi, j’utilise certains de leurs mots. Et quand je suis avec des gens de l’Amdo qui pensent qu’on est du même pays, je parle un peu comme eux. Du coup, ça se passe très bien. »

 

2016.10.11

Le Karmapa explique que Lhatok est une région reculée, et les livres d’histoire disent que ce fut autrefois un petit royaume. Quand le groupe de recherche est venu de Lhassa, ils n’ont averti personne et le Karmapa pense que ça n’a pas dû être facile. Ils ont posé beaucoup de questions sur son père et sa mère, puis ils sont repartis à Lhassa. Quand ils sont venus pour la deuxième fois, ils ont déclaré qu’il était la réincarnation du Karmapa. Le Karmapa se souvient : « À ce moment-là, ma vie a changé de façon radicale. Quand nous étions enfants, nous jouions à des jeux. Je faisais semblant d’être un grand lama et les autres faisaient semblant d’être des gens ordinaires. Quand je suis devenu Karmapa et que les gens se sont mis à se prosterner, j’avais l’impression qu’on jouait toujours le même jeu. »

Puis, comme il l’a fait avec les mères d’accueil, le Karmapa raconte son arrivée à Tsourpou, le siège des Karmapas près de Lhassa, et où la situation ne ressemblait en rien à ce qu’il attendait. En résumé, dit-il, « j’étais un enfant normal et j’ai grandi comme le Karmapa. »

Il poursuit sur cette idée : « Beaucoup de gens pensent que, quand on est un grand lama comme le Karmapa, on est tout de suite exceptionnel et très avancé, et on n’a pas besoin d’étudier beaucoup. Mais ce n’est généralement pas le cas, un tulkou ne devient pas immédiatement une personne spéciale. » Il explique que certains tulkous ont une intelligence vive dès la naissance et certains comprennent immédiatement ce qu’on leur enseigne. Cependant, la plupart des tulkous sont fabriqués, ou pour utiliser des termes du dharma, leurs qualités sont acquises. Il faut faire des efforts pour devenir une réincarnation authentique. »

Il précise : « En ce qui me concerne, recevoir le nom de Karmapa n’a rien d’extraordinaire. D’abord, on vous donne le nom ; puis, en accord avec ce nom, vous recevez une éducation très intensive car les gens placent leur espoir et leur foi en le Karmapa. Vous mettez toute votre énergie dans l’étude et les professeurs vous disent quand même :’Tu dois faire mieux que ça, tu es le Karmapa’. De toute façon, entreprendre ce type d’étude et d’apprentissage n’est pas facile du tout. »

 

Puis le Karmapa aborde le sujet de l’éducation des élèves et déclare : « Vous êtes tous ici pour étudier et vous vous débrouillez bien. Il est important de savoir ce que nous allons faire dans le futur et d’y placer tous nos espoirs ; il est bon que chacun d’entre nous ait des buts et des projets. » Nous devons regarder loin devant nous et nous consacrer à nos études avec espoir et confiance.

Le Karmapa encourage ensuite les élèves : « Les Tibétains, nous sommes un peuple qui a une longue histoire ; nous avons une culture riche et un excellent système philosophique bouddhiste. C’est donc une activité utile et très précieuse que d’étudier nos traditions, notre culture et les sciences et d’avoir un profond intérêt pour ces sujets. »

Seul le développement semble intéresser le monde moderne, et à ce rythme, on peut difficilement imaginer que tout se passera bien. L’intérêt pour les objets matériels a pris le dessus et nous vivons dans une société de consommation. À tous les coins de rues, des publicités nous disent ce qu’il faut acheter, ce qu’il faut avoir. Le Karmapa remarque : « En fait, nous n’avons pas besoin de toutes les choses qu’on nous incite à  acheter. » Mais les publicités omniprésentes accroissent notre désir d’avoir et de consommer. Si les choses continuent ainsi, sans personne à la barre, nous allons droit dans le mur. Les scientifiques disent que notre planète n’est pas assez grande pour satisfaire tous nos désirs.

Pour encourager tout le monde à moins consommer, le Karmapa donne des conseils sur comment acheter. Avant d’aller dans un magasin, dit-il, nous devons bien réfléchir à ce que nous allons acheter. Si c’est une montre, de quelle couleur? Quelle forme? Quelle taille? Nous devons penser clairement à l’usage que nous allons en faire et aux caractéristiques qu’elle devrait avoir. Ensuite, nous devons aller directement au magasin et acheter exactement ce que nous avions décidé d’acheter. En effet, si nous pensons juste ‘j’aimerais acheter quelque chose’, et que nous flânions dans différents magasins, nous finirons par acheter trop de choses. Il est important de faire une distinction claire entre ce que nous voulons et ce dont nous avons besoin, et de ne pas nous tromper nous-même en mélangeant les deux.

Savoir ce qu’il faut choisir et ce qu’il faut abandonner est quelque chose qui peut s’apprendre. « Nous devons distinguer ce qui est vertueux et ce qui ne l’est pas, ou savoir en notre fort intérieur ce qui est réellement positif et ce qui est en fait négatif. Pour ce faire, il nous faut les deux yeux de la science traditionnelle de la logique et les enseignements sur le discernement qui nous sont transmis par les traditions de nos ancêtres. »

Cette éducation traditionnelle doit être combinée à une éducation moderne, qui nous permet de nous débrouiller dans la société contemporaine. Nous avons besoin de ces deux types d’éducation, comme nous avons besoin de nos deux mains. Avec les deux yeux de la logique et du discernement, et les deux mains d’une éducation traditionnelle et d’une éducation moderne, nous aurons tout ce dont nous avons besoin.

Le Karmapa conclut en disant que pour atteindre leur but, les élèves doivent s’investir dans leur éducation et étudier sérieusement de façon à toujours progresser. « Je souhaite que chacun s’efforce de devenir une bonne personne, digne et bien élevée, qui a de l’amour pour les gens et qui incarne l’attitude excellente qui consiste à souhaiter faire le bien d’autrui. Je vous remercie. »

La journée se termine par un concours d’orthographe animé qui se tient dans le grand hall. Le Karmapa en est l’invité d’honneur ; il est assis au milieu du public et regarde les dix jeunes participants.

Enseignements :

La Compassion et la Véritable nature de l'Esprit

Le Guide de l'Environnement du Karmapa

Les 108 choses à faire pour l'environnement

Les déplacements du 17ème Gyalwang Karmapa

Le retour de Karmapa aux U.S.A.

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Le 19 mai 2008, dans la salle du Hammerstein Ballroom de New-york, le public était serré et enthousiaste : Tibétains, Chinois et Occidentaux, la plupart étaient disciples du précédent Karmapa. Le silence se fit plein de promesses, lorsque Dzogchèn Ponlop Rinpoché présenta le tant-attendu Karmapa Ogyen Trinley Dorjé…

Présentation du Karmapa aux Etats-Unis par Dzogchèn Ponlop Rinpoché, Principal organisateur de la venue du Karmapa aux Etats-Unis en 2008

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La première visite de Sa Sainteté le 17ème Gyalwang Karmapa, Ogyèn Trinley Dorjé, aux Etats-Unis est un événement historique et une occasion à la fois joyeuse et mémorable pour ses nombreux étudiants et amis dans le monde occidental. Sa Sainteté, qui est à la tête de l’école Kagyu du bouddhisme tibétain, est largement reconnue comme étant un des plus grands Maîtres spirituels de notre temps…

La vie en Inde

La vie en Inde

L’arrivée du Karmapa à Dharamsala bénéficia d’une couverture médiatique extraordinaire dans la presse internationale : The Associated Press, Agence-France Press, The BBC, CNN, NBC, ABC, CBS, The Economist, Newsweek, Time, The New York Times, The Times of India, the Hindustan Times, et la plupart des autres médias du monde entier.