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Les Trois Points Essentiels – Jour 2 (1e partie) L’accumulation de mérite

21 janvier 2017 – Monastère de Tergar, Bodhgaya (Bihar) Inde

Hier, le Karmapa a traité les deux premiers des trois points ; aujourd’hui il traite du troisième, le point essentiel sur le bardo.

La strophe racine dit :

Reconnaissez que ceci est le bardo.

Transformez l’extérieur, l’intérieur et le secret

Et faites le yoga de la vacuité et de la compassion.

C’est ainsi que les sages reprennent naissance.

Le Karmapa commente la première ligne en disant qu’elle renvoie au fait de voir toutes les apparences de cette vie, tout ce qui s’élève en tant qu’objets de nos sens, de les voir comme les apparences trompeuses du bardo. Il nous faut reconnaître ce bardo comme étant bien le bardo. Si nous pouvons méditer ainsi de façon stable, quand nous naîtrons dans le bardo, nous aurons le sentiment « Oh, j’ai repris naissance dans le bardo », et nous serons capable d’en reconnaître les apparences pour ce qu’elles sont.

 

Le Karmapa explique que pour faire ceci, il est important d’être capable de reconnaître que nous rêvons quand nous rêvons. Pour développer cette capacité, dès le lever du soleil, nous maintenons la vivacité et l’attention qui voit toutes les apparences de la journée comme en rêve. Deuxièmement, quand nous nous endormons, nous prions notre divinité de yidam particulière et notre lama de nous accorder leurs bénédictions pour que nous ayons des rêves lucides et que nous soyons capable de modifier aussi les apparences du rêve. Par la prière, nous créons un élan qui nous portera jusqu’à notre but. Puis nous nous visualisons comme Khasarpani, en suivant la description d’hier, et à notre gorge, au milieu d’un lotus rouge à quatre pétales, se trouve un Om rouge (ou un Ah rouge). Maintenir notre esprit sur la visualisation, ou la voir continuellement alors que nous nous endormons nous aidera à reconnaître que nous rêvons.

 

La deuxième ligne de la strophe racine dit : « Transformez l’extérieur, l’intérieur et le secret. » Le Karmapa précise que, après avoir reconnu que nous sommes en train de rêver, nous ne voyons plus toutes les apparences comme des objets ordinaires mais elles sont transformées en apparences pures. Ici, ‘l’extérieur’ fait référence au contenant, le monde, ‘l’intérieur’ fait référence à son contenu, les êtres vivants, et ‘le secret’ à la méditation sur la nature de l’esprit (voir que toutes les apparences impures se manifestent alors qu’elles n’ont pas de véritable nature). En bref, nous arrivons à reconnaître que nous sommes en train de rêver, puis nous devenons capable de transformer les apparences. Le monde extérieur devient une terre pure, les êtres vivant à l’intérieur deviennent des divinités de yidam, et dans la transformation secrète, toutes les apparences impures de l’extérieur et de l’intérieur s’élèvent et pourtant n’ont pas de nature inhérente. Si nous y parvenons, nous serons capable de transformer également les apparences du bardo.

 

Pour le moment de la mort, le Karmapa conseille de prier avec force que nous soyons capable de créer ces trois types de transformation (extérieure, intérieure et secrète) et puis de reprendre naissance selon notre souhait. C’est seulement après avoir reconnu nos rêves que nous nous engageons dans la pratique véritable du bardo, reconnaissant – comme dans la pratique du rêve – que ce qui apparait dans notre esprit sont les apparences trompeuses du bardo. De même, nous prenons aussi la ferme résolution de reconnaître les apparences du bardo, et ceci créera une dynamique positive pour que cela arrive réellement.

 

Les deux dernières lignes de la strophe racine disent : « Et faites le yoga de la vacuité et de la compassion. C’est ainsi que les sages reprennent naissance. » L’antidote à une renaissance incertaine est de reprendre naissance avec connaissance ou habileté. Si nous souhaitons renaître dans une terre pure, nous devons faire la pratique du transfert comme décrite hier pour la pratique du moment de la mort. D’un autre côté, si nous voulons reprendre naissance en ce monde en tant qu’humain, il nous faut chercher nos parents. Habituellement, quand un être du bardo cherche des parents, il sent une attirance pour le père et de l’aversion pour la mère, ou le contraire, et c’est ce qui fait que nous sommes conçu et avons une autre existence. En fait, le fait voir ses parents de façon ordinaire est ce qui conditionne l’apparence de l’aversion et de la haine.

Mais le Karmapa explique qu’ici, au lieu d’être animé par l’attachement ou l’aversion, nous demeurons dans un état d’équilibre, qui ne peut être affecté ou dérangé. Pour contrer l’attachement, nous voyons que l’objet que nous saisissons n’est pas existant par nature ; pour contrer l’aversion, nous ressentons de la compassion pour ceux que nous n’aimons pas, et nous prions qu’ils soient libérés de la souffrance et qu’ils connaissent le bonheur. En résumé, nous bloquons l’attachement et l’aversion, méditons sur Avalokiteshvara, voyons nos parents comme Avalokiteshvara en union avec sa parèdre, et nous prenons naissance intentionnellement. Par la pratique du yoga de la vacuité et de la compassion, au lieu d’avoir une renaissance ordinaire causée par l’aversion et l’attachement, nous voyons que toutes les apparences ordinaires ne sont pas existantes par nature. Le Karmapa conclut ainsi son enseignement sur le bardo.

 

Ce sujet est suivi de la strophe racine sur la vue, la méditation et l’action:

Le point clé de la vue est de reconnaître tout ce qui apparaît.

Le point clé de la méditation est d’y demeurer non distrait.

Le point clé de la conduite est de faire l’expérience de l’attention.

Ceci est le conseil du grand siddha. 

 

Examinant la première ligne, le Karmapa commente que tous les phénomènes qui nous apparaissent sont non existants d’un point de vue ultime, ou, pourrions-nous dire, qu’ils n’existent pas de la manière qu’ils nous apparaissent. Reconnaître ceci et en avoir la certitude est le point clé de la vue. Le point clé de la méditation est de demeurer sans distraction sur le sens qu’on a appréhendé. Le point clé de la conduite est de se rappeler que toutes les apparences possibles, toutes celles du samsara et du nirvana, ont la même saveur – apparence et vacuité sans séparation -, et aussi de faire le bien des êtres comme le font les bodhisattvas.

 

La dernière ligne « Ceci est le conseil du grand siddha » déclare que ce sont les instructions clés du grand Mitra Yogi lui-même. Le Karmapa explique ici que la première strophe du texte racine, la courte vue d’ensemble, est par Mitra Yogi et les autres sont l’explication détaillée de cette strophe donnée par Tropou Lotsawa.

 

Le Karmapa termine la section sur la pratique en lisant le paragraphe de résumé :

Ce n’est une faute pour quiconque – qu’ils soient moines ou laïques, qu’ils suivent les préceptes des trois vœux ou non – de pratiquer cette liturgie qui a été louée pour ses immenses bienfaits. Ces instructions données par Mitra Yogi à Trolo et présentées ici sont les instructions essentielles pour l’accumulation de mérite, qui est la meilleure méthode pour réaliser les corps formels d’un bouddha.

Enseignements :

La Compassion et la Véritable nature de l'Esprit

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