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Le Flambeau de la certitude (1ère session)

9 février 2017 – Pavillon du Meunlam, Bodhgaya (Inde)

Cette année voit la conclusion d’un enseignement en 5 parties, commencé par le Karmapa le 31 décembre 2012, l’année où le Kagyu Meunlam a commémoré la lignée de Jamgœn Kongtrul, d’où le choix de ce texte du Premier Jamgœn Kongtrul Lodreu Thayé. Le texte est un guide pour la pratique des ngondro ou préliminaires à la pratique du mahamoudra dans la tradition Kagyu. 

 

D’abord, viennent les méditations des préliminaires communs – connues comme les quatre pensées qui tournent l’esprit vers le dharma – ; ce sont la précieuse existence humaine, la mort et l’impermanence, le karma (la cause et le résultat), et le caractère insatisfaisant de la vie dans le samsara. Puis, viennent les pratiques des préliminaires particuliers. Au cours des Meunlams successifs, Sa Sainteté a donné les instructions sur les trois premiers : le refuge et les prosternations, la pratique de Vajrasattva et l’offrande du mandala. Cette année, il va donc enseigner la dernière pratique préliminaire – le gourou yoga – et donner des instructions essentielles sur le Gourou Yoga en quatre sessions du Karmapa Mikyeu Dorjé.

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Le Karmapa a une nouvelle fois insisté sur le fait que ceux qui appartiennent à la lignée Karma Kamtsang et qui viennent de recevoir l’initiation de Chakrasamvara se sont engagés à réciter chaque jour le Gourou Yoga en quatre sessions jusqu’à la fin de leurs jours. Cependant, ceux qui appartiennent à d’autres traditions ou ne sont pas dans la lignée Karma Kamtsang sont libres de pratiquer, à la place, le gourou yoga le plus important de leur tradition.

Il nous met en garde : « Voici le point principal : simplement recevoir l’initiation ne suffit pas. Recevoir l’initiation fait que vous êtes un réceptacle capable ou approprié pour pratiquer le chemin du mantra secret ; donc, une fois que vous avez reçu l’initiation, continuer la pratique sera bénéfique. Sinon, si vous recevez l’initiation et pensez que c’est fini, qu’il n’y a plus rien à faire, que vous pouvez vous reposer et vous détendre, cela ne sera pas bon. Vous devez absolument continuer la pratique. Pour ceux qui ont déjà beaucoup d’engagements de pratique de yidam, il est possible de transformer le gourou yoga en une pratique qui englobe tout en imaginant que le gourou est l’union de tous les yidams et protecteurs. »

 

Après avoir lu la première partie du texte, Sa Sainteté précise pourquoi, quand nous pratiquons le gourou yoga, nous ne le faisons pas sous notre forme ordinaire mais nous nous imaginons et méditons sur nous-même sous la forme d’une divinité de yidam. « Il nous faut bloquer avec force les apparences ordinaires impures. Si nous les bloquons et développons les apparences pures, nous recevrons alors aisément les bénédictions », explique-t-il. Ceci nous donne confiance et aussi modifie nos perceptions.

Cependant, contrairement à l’expérience ordinaire de vouloir imiter une star de cinéma ou un chanteur pop que l’on admire, quand nous nous visualisons sous la forme d’une divinité, ce n’est pas la même chose que de prétendre être quelque chose que nous ne sommes pas car « nous tous avons à l’intérieur de nous la nature de bouddha, la graine qui peut nous éveiller à l’état de bouddha. »

 

Le Karmapa donne ensuite un bref résumé des deux vues distinctes sur la nature de la vacuité : shèntong (vide d’autre) qui est la vue de base adoptée dans la pratique du mahamoudra, et rangtong (vide de soi).

« Ceci alors est la nature de bouddha. Dans la tradition Prasangika, elle est essentiellement décrite comme l’objet ou la vacuité ; mais dans la tradition du Tathagatagarbha ou la tradition de l’école shèntong – qui est aussi la tradition du mahamoudra – nous disons que la nature de bouddha n’est pas simplement la vacuité de l’objet, pas simplement une non-négation, elle n’est pas simplement une absence. A la place, nous disons que c’est la sagesse lumineuse, le sujet conscient ; elle a la nature de la luminosité. Ainsi, dans l’école de la Voie du milieu, on dit que cette nature intrinsèque des choses, le dharmata (chö nyi), est le fait que tous les phénomènes sont vides de leur propre nature, mais on ne montre pas vraiment ce qu’est le dharmata. Dans la tradition du Tathagatagarbha, la tradition shèntong, on affirme que ceci est ce qu’est le dharmata, ce qu’est la nature de tous les phénomènes, ce sujet conscient de sagesse.

Aussi, quand nous méditons sur une divinité de yidam comme Chènrézi, ce n’est pas la même chose que de faire semblant car nous partageons tous la même sagesse (yeshe) que la divinité de yidam. « En terme de l’aspect de la pureté naturelle ou en terme de son essence, il n’y a pas la moindre différence. En terme de sa forme, il y a une distinction selon qu’elle est ou non obstruée par les taches adventices. Mais en terme de sa nature, elle est en fait sans tache et non-obstruée », explique le Karmapa, comparant ceci à l’or. L’or doit être extrait du minerai et fondu, mais il n’y a aucune différence dans la nature essentielle de l’or quand il est dans le minerai ou quand il a été fondu et purifié.

 

Sa Sainteté aborde ensuite la question de savoir sur quelle divinité méditer ; il explique que dans la lignée Karma Kamtsang, la tradition est de se visualiser comme  Vajrayogini (tib. : dorjeneljorma) sous la forme de Vajravarahi (tib. : dorjephagmo), et ce pour plusieurs raisons. Premièrement, elle était la divinité de yidam des ancêtres Kagyu Marpa, Milarépa et Gampopa. Deuxièmement, elle représente le mahamoudra co-émergent. Finalement, Gampopa a donné à Dusoum Khyèpa, le premier Karmapa, la pratique de Vajravarahi comme pratique de la phase de création.

Le Karmapa explique : « Pour vous visualiser comme Vajrayogini, il vous faut l’initiation de Vajrayogini. Cependant, l’initiation de Vajrayogini est d’un accès limité et ne peut pas être donnée librement. Pour cette raison, j’ai donné l’initiation de Chakrasamvara … Chakrasamvara est l’aspect masculin, aussi je pense qu’il est alors possible de méditer sur l’aspect féminin. »

Il conclut : « Si vous pouvez vous visualiser comme Vajravarahi, c’est bien. Sinon, visualisez-vous sous la forme d’un autre yidam. »

 

La session d’enseignement de la matinée se termine alors. Pendant la pause du thé, l’assemblée récite les Vingt-et-une louanges de Tara ; puis, dans la deuxième partie de la matinée, tout le monde s’entraîne à la récitation du Gourou Yoga en quatre sessions, sous la direction attentive des maîtres de chant.

 

Enseignements :

La Compassion et la Véritable nature de l'Esprit

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La vie en Inde

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L’arrivée du Karmapa à Dharamsala bénéficia d’une couverture médiatique extraordinaire dans la presse internationale : The Associated Press, Agence-France Press, The BBC, CNN, NBC, ABC, CBS, The Economist, Newsweek, Time, The New York Times, The Times of India, the Hindustan Times, et la plupart des autres médias du monde entier.