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Le Flambeau de la certitude (2ème Partie)

9 février 2017 – Pavillon du Meunlam, Bodhgaya (Inde)

Résumé

Le Karmapa insiste sur l’importance de garder nos engagements une fois que nous avons reçu une initiation et de cultiver par la pratique les graines qui ont été plantées. Il remarque aussi que nous ne savons vraiment pas à quoi ressemblait le Bouddha car les premières images de lui remontent à environ 600 ans après son parinirvana. On dit aussi qu’il est inconcevable, mais ceci peut nous empêcher d’avoir une connexion profonde avec lui, et donc, nous méditons sur le lama inséparable du Bouddha.

Compte-rendu général

Aujourd’hui le Karmapa commence son enseignement en expliquant la différence entre le gourou yoga qui fait partie des pratiques préliminaires au mahamoudra et le Gourou Yoga en quatre sessions du VIIIe Karmapa Mikyeu Dorjé. Le Karmapa explique qu’il existe de nombreux gourou yogas, plus ou moins longs, dans la tradition Karma Kamtsang, et parmi eux, le plus précieux est le Gourou Yoga en quatre sessions. Cependant, des personnes appartenant à différentes traditions ont reçu l’initiation de Chakrasamvara et pris l’engagement de faire une pratique de gourou yoga ; mais ceci ne veut pas dire qu’elles doivent faire un gourou yoga Kamtsang et il est parfaitement acceptable d’en faire un de leur propre tradition.

 

Ceci étant dit, nous devons faire un gourou yoga car il ne suffit pas d’avoir reçu l’initiation. Les graines des quatre kayas ont été semées en notre être et nous devons apprécier et cultiver ce potentiel. Si nous négligeons les graines, elles vont tout simplement pourrir. En résumé, le Karmapa dit qu’il y a un grand nombre de pratiques de divinités de yidam mais le gourou yoga est plus complet car il les comprend toutes. Que nous fassions un gourou yoga long ou court dépend de nous, mais nous devons en inclure un dans notre pratique.

 

Le Karmapa aborde ensuite le gourou yoga présenté dans le Flambeau de la certitude – qui explique les pratiques préliminaires de la tradition Karma Kamtsang – et parle de la transmission scripturaire qu’il a donnée la veille et qui inclut la visualisation pour le gourou yoga. Le texte semble dire que nous pouvons visualiser le gourou au-dessus de notre tête ou en face, mais en fait cela signifie que le gourou est dans le ciel directement en face de notre tête. Son trône est porté par deux lions, sur chacun de ses quatre côtés, et il est couvert de brocart et de soie ; sur un lotus et un disque de lune se trouve notre maître sous la forme de Vajradhara (Dorjé Chang). Le texte le décrit comme « l’essence combinée de tous les bouddhas des trois temps ». Extérieurement, sa forme ressemble à Vajradhara, cependant, intérieurement, il est notre bon lama racine qui a pris la forme de Vajradhara. La visualisation nous aide à voir notre maître comme un être réalisé.

 

Le Karmapa questionne alors : qui est le Bouddha ? Si nous ne le savons pas, comment pouvons-nous bien méditer sur notre maître comme étant le Bouddha ? Quand nous pensons au Bouddha, ce qui vient habituellement à l’esprit est la statue dorée d’une figure qui demeure en méditation. (Le Karmapa se tourne pour montrer le grand Bouddha derrière lui.) Mais si nous y réfléchissons, nous constatons que les premières statues du Bouddha furent crées quelque 600 ans après la fin de sa vie, aussi ne pouvons-nous pas être sûr de à quoi il ressemblait.

Même si nous avions pu être là de son vivant, il aurait été difficile de le reconnaître ; il nous faut donc faire preuve d’imagination pour deviner son apparence. Une histoire raconte que, pendant les six ans où le Bouddha pratiqua les austérités, assis sous un arbre sur les rives de la rivière Naranjouna, il était devenu si émacié qu’il en était venu à ressembler à l’arbre lui-même. Quand une jeune femme Brahmin lui offrit du yaourt (certains disent que c’était du ‘kheer’, un dessert de riz sucré), elle pensa qu’elle l’offrait à un esprit des arbres.

Quand il s’éveilla à l’aube, à nouveau le Bouddha était assis seul sous un arbre, comme de nombreux méditants en Inde le font depuis des siècles. Vu de l’extérieur, on ne remarquait rien de spécial. Il était simplement en train de se reposer dans une atmosphère sereine et paisible et il n’y avait personne autour pour applaudir son exploit.

Généralement, on dit que le Bouddha est inconcevable, bien au-delà de notre esprit ordinaire. Cependant, si nous pensons à lui comme à un être mythique, il est difficile d’établir une connexion sincère avec lui. Pour y remédier, nous méditons sur notre lama authentique comme étant le Bouddha, créant ainsi une connexion, de façon à nous sentir plus proche du père de la lignée.

 

Le Karmapa revient au texte et continue la description du champ de refuge. Nous visualisons notre lama racine comme Vajradhara, dans une colonne au-dessus de lui se trouvent les lamas de la lignée, entourés des siddhas des lignées de pratique Kagyu, ( Drikoung, Droukpa, Tsalpa et Takloung), plus des gourous d’autres lignées comme la Grande perfection, les Six yogas, le Chemin et le Résultat, la Pacification, Tcheu et l’Entraînement de l’esprit. Autour d’eux se trouvent les assemblées de divinités de yidam, les bouddhas, les bodhisttavas, les héros, les dakinis, les protecteurs du dharma et les gardiens. S’il est trop difficile d’imaginer toutes ces figures, le Karmapa dit qu’il est correct de considérer que tous ces êtres sont présents dans la figure centrale de Vajradhara. Il est particulièrement important d’imaginer que notre lama représente l’ensemble des Trois Joyaux.

Rappelant une histoire à propos de Droukpa Kunley, le Karmapa précise pourquoi il est important de visualiser notre lama comme étant relié à tous les bouddhas, yidams, etc. Sinon, nous risquons d’ignorer ces autres figures, et de seulement nous concentrer sur le lama, que nous imaginons être un moine grassouillet, vêtu de robes jaunes ou un yogi tantrique fou. Selon le Karmapa, ceci revient à mélanger quelques concepts et à méditer sur eux. Donc, nous ne devons pas rejeter les myriades de figures du champ de refuge, mais les voir comme inséparablement reliées à notre gourou. C’est en fait le cas puisque leur nature essentielle est la même : aucune divinité de yidam n’est séparée de notre lama. Cette façon de penser renforce aussi le sentiment que le gourou au-dessus de notre tête est digne de vénération. Dans cet état d’esprit, nous prions le lama du fond du coeur avec ferveur.

 

Pour les étapes de la pratique, le Karmapa explique qu’habituellement, la divinité est générée en imaginant la divinité de samaya (samayasattva) et en invoquant les divinités de sagesse (jnanasattva) qui se fondent en elle. Ici cependant, ce n’est pas nécessaire ; nous imaginons que les deux sont inséparables depuis le début et que le champ de refuge est présent directement devant nous. Ensuite, nous pouvons réciter la longue prière à la lignée – qui se trouve dans le texte de pratique – ou la Courte Prière à la lignée de Vajradhara. Autrefois, les gens récitaient la prière qui est au début du Gourou Yoga en quatre sessions, commençant par « Tous les êtres, mes mères, aussi nombreux que vaste est l’espace, … ».

 

Parlant des prières en général, le Karmapa remarque qu’il y a de merveilleuses prières d’‘Appel au lama de loin’, en particulier celle composée par Jamgœn Kongtrul Lodreu Thayé. Cependant, dans ces prières, nous nous critiquons du début à la fin, faisant la liste de nos nombreux défauts et expliquant à quel point nous sommes horrible. D’un côté, il est bien de reconnaître nos défauts, de voir nos défauts comme des défauts, mais comme l’a remarqué Droukpa Kunley, nos prières au gourou se résument à nous critiquer et à nous rabaisser. « Quelle que soit la direction dans laquelle je me tourne, elle est de mauvais augure. Où que je m’assois, l’herbe ne repousse pas. » Ces gémissements ne sont pas ce que les textes entendent par prier le lama. Le Karmapa explique que, au lieu de cela, en même temps que les êtres aussi

nombreux que vaste est l’espace, nous prions le lama – vu comme l’essence de tous les lamas – du fond de notre être, avec autant de dévotion que nous pouvons en générer. Ceci nous donne aussi l’occasion de demeurer en méditation sur l’aspect vide de notre expérience de la dévotion, combinant ainsi la pratique de la dévotion avec le mahamoudra.

Le texte parle ensuite de prendre les quatre initiations. Dans la tradition du mantra secret, le Karmapa note qu’il est important, et pas facile, de maintenir nos engagements de samaya et de faire la pratique tous les jours. L’auto-initiation est une manière de réparer les manquements (en prenant les quatre initiations, comme décrit dans le texte). Traditionnellement, on dit qu’un samaya endommagé doit être restauré dans la durée même d’une session ; c’est une autre raison pour laquelle le gourou yoga de Mikyeu Dorjé est en quatre sessions, deux le matin et deux plus tard dans la journée.

Le Karmapa conclut sur ce point la session de la journée et il poursuivra son enseignement sur le gourou yoga pendant deux sessions demain.

2017.02.10a

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L’arrivée du Karmapa à Dharamsala bénéficia d’une couverture médiatique extraordinaire dans la presse internationale : The Associated Press, Agence-France Press, The BBC, CNN, NBC, ABC, CBS, The Economist, Newsweek, Time, The New York Times, The Times of India, the Hindustan Times, et la plupart des autres médias du monde entier.