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Vivre le Dharma [3]

Sa Sainteté enseigne sur « Vivre le Dharma »

(Du 13 au 15 janvier 2009, au Monastère Tergar, à Bodhgaya)

Jour Trois

Sa Sainteté a commencé la dernière journée d’enseignement en annonçant qu’il allait donner la Prise de Refuge, la transmission du texte des Pratiques Préliminaires qu’il avait composé l’année dernière, ainsi que les Voeux de Bodhisattva, mais que pour la matinée, il allait continuer de répondre aux questions de l’auditoire.

La première question concernait la signification profonde de la récitation de « Karmapa Khyéno ».

Sa Sainteté a tout d’abord expliqué ce que signifie le mot « karma », activité ou action, et le suffixe « pa », celui qui exécute cette activité. Il a expliqué comment cent mille dakinis ont tissés la Coiffe Noire avec leurs cheveux, l’ont consacrée, et l’ont offert au Premier Karmapa, Dusoum Khyènpa. Le Karmapa est celui qui incarne les activités des bouddhas et des bodhisattvas des trois temps et dix directions. Sa Sainteté a également expliqué que le Karmapa ne désigne pas nécessairement une seule personne, mais que c’est un nom donné à tous les maîtres Vajras, qui mettent en pratique les activités d’un bouddha. C’est un titre qui peut s’appliquer à tous les maîtres authentiques. Le Bouddha avait prédit que lorsque le Dharma serait près de l’extinction, il reviendrait sous la forme de maîtres Vajras, afin d’accomplir ses activités de bouddha. L’activité des bouddhas fait ressortir le côté radieux et positif des gens, et permet à la nature de bouddha de chacun d’émerger. Alors lorsque nous récitons « Karmapa Khyeno », le but est de faire émerger l’aspect lumineux de notre nature.

« Khyeno » a la connotation d’une supplication qui signifie « Pensez-à moi, je vous en prie ».  Le but de cette prière est de se remémorer encore et toujours les qualités positives de notre enseignant et de prier pour que celui-ci se souvienne de nous. Il n’est pas nécessaire de faire la récitation à haute voix, mais de la faire avec son coeur.  Milarépa a dit : « Quand je suis seul, j’appelle mon lama de tout mon cœur ».

Il y avait ensuite quelques questions que Sa Sainteté a remis à plus tard, et une question sur la façon d’aider un non-bouddhiste qui approche le moment de la mort.

Sa Sainteté a répondu que chacun a la possibilité d’une renaissance positive, que l’on soit bouddhiste ou non. Il n’est pas nécessaire de pratiquer le bouddhisme pour renaître dans des circonstances positives. La chose la plus importante est notre état d’esprit au moment de la mort. Il est donc bénéfique que les gens qui entourent le mourant créent les meilleures conditions pour que celui-ci expérimente un bon état d’esprit.  Même si la personne n’a pas beaucoup pratiqué au cours de sa vie, si elle approche la mort avec un esprit positif, cela peut faire une grande différence. Sa Sainteté a raconté l’histoire d’un boucher qui avait tué beaucoup d’animaux au cours de sa vie, mais approchant la mort, il entendit les enseignements du Bouddha et fut si inspiré qu’il mourut avec une main faisant le moudra de la prosternation. Il prit renaissance sous la forme d’un petit cochon, mais avec une main humaine. On l’amena à un monastère et sa vie fut épargnée. Sa Sainteté a insisté sur le fait que c’était une histoire vraie et qu’il avait vu une photo du cochon avec une main d’homme.

Quelques autres questions furent laissées de côté.

Sa Sainteté a ensuite donné la transmission orale des Pratiques Préliminaires. Il a dit que les étudiants présents étaient venus de tant de lieux éloignés et différents, qu’ils devaient repartir avec une pratique qu’ils pourraient continuer en retournant chez eux. Plusieurs personnes commencent la pratique du Ngondro, alors il a décidé d’enseigner sur Vajrasattva et le Gourou Yoga l’après-midi. La dernière fois que Sa Sainteté avait enseigné sur le Ngondro, il n’avait pas souhaité que ses enseignements sur le Gourou Yoga soient enregistrés, mais que cette fois, il allait enseigner de façon à ce que cela soit possible.

(...) Un vrai refuge génère de l’espoir et de la confiance (...)

(...) Un vrai refuge génère de l’espoir et de la confiance (...)

Finalement, Sa Sainteté a donné les Voeux de Refuge à l’assemblée, en expliquant tout d’abord le but de la prise de refuge. Le refuge signifie que nous pouvons trouver support et sécurité, tout comme nos parents qui nous ont donnés leur amour. En prenant refuge, nous nous sentons encouragés et recevons un nouvel espoir, de l’assurance et du courage. Le monde passe au travers de plusieurs crises, et les gens perdent confiance, ils ne se sentent pas en sécurité, comme s’il n’y avait rien sur quoi ils pouvaient compter. Un vrai refuge génère de l’espoir et de la confiance.

Prendre refuge peut être comparé à un jeune enfant qui court vers sa mère et crie : « Maman !» lorsqu’un événement indésirable survient. De la même façon, lorsque nous sommes confrontés aux difficultés et à la souffrance du samsara et aux grands problèmes de ce monde, et que nous sentons qu’il n’y a pas de refuge ou de protection possibles, nous devons trouver, non pas un refuge extérieur, mais un refuge intérieur, spirituel, qui nous donne force et protection. Le  Bouddha Shakyamouni nous a quitté il y a de cela 2500 ans, nous ne pouvons donc pas le rencontrer aujourd’hui, mais la puissance de ses enseignements subsistent toujours. Son rayonnement et ses représentations existent de nos jours. Lorsque nous pratiquons, il n’est pas suffisant de savoir que ses enseignements soient toujours présents; il est nécessaire de pratiquer l’amour bienveillant. Nous devons nous en remettre à cette pratique et étudier avec des maîtres authentiques. Si nous faisons cela, c’est comme rencontrer le Bouddha lui-même et nous trouverons la protection et la confiance à l’intérieur de nous-mêmes.

Sa Sainteté a fait une comparaison à propos des Trois Refuges. Il a dit que le cerveau humain a considérablement évolué et ce, pour trois raisons.  Premièrement, les expériences des générations précédentes nous ont été transmises; nous avons appris des gens qui nous ont précédés.  Deuxièmement, nous n’avons pas seulement copiés, mais nous avons utilisé notre intellect et trouvé de nouvelles façons de réaliser les choses, et cela au travers de notre propre sagesse.  Dernièrement, la vie dans ce monde est pleine de hauts et de bas, de souffrances et d’expériences positives.  Nous comptons sur nos amis pour partager nos bons et nos mauvais moments, cela est un support et une aide dans notre développement. De la même façon, nous avons besoin de l’expérience des bouddhas du passé pour nous enseigner comment nous libérer de la souffrance, et comment atteindre un bonheur et une paix durables.  Ceci est le premier refuge.

Le second refuge est le Dharma, les enseignements qui nous aident à travailler sur nous-mêmes pour trouver le bonheur. Ensuite, il y a les amis, avec qui nous pouvons travailler et trouver un support sur la voie du Dharma, qui représente le troisième refuge (la Sangha).

Avec ces trois refuges, nous sommes sur la voie du Dharma; nous pratiquons une voie spirituelle.  Nous devons ressentir que le Boudha est l’enseignant, le Dharma est la Voie, et que la Sangha est l’Ami spirituel qui nous accompagne sur le chemin. Sa Sainteté a conseillé à ceux qui prenaient refuge, d’observer les Voeux de Refuge, de suivre ce qui est prescrit et d’éviter ce qui est proscrit. Il a alors complété la matinée en disant que les petites roches qui avaient été apportées de partout dans le monde pour construire l’autel au pied de l’arbre de la Bodhi durant le Kagyu Mönlam, étaient remplies de bénédictions, et qu’il allait les distribuer à tous les participants, en en donnant une à chacun à la fin de la dernière session. Ils pourront ainsi emmener ces pierres dans le monde, porter nos prières et répandre des bénédictions de paix.

Dans l’après-midi, Sa Sainteté a commencé par enseigner sur la Bodhicitta, l’Esprit d’éveil, et a ensuite donné les Voeux de Bodhisattva. Il a dit qu’il y avait plusieurs liturgies pour donner ces voeux, mais que celle du Bodhicaryavatara était la plus simple et la meilleure.  Il a commencé par expliquer comment générer la bodhicitta dans nos coeurs. Pour cela, il est important de comprendre en premier lieu le lien de cause et d’effet en sept points, ainsi que le fait que chaque être sensible ait été notre mère dans le passé. Nous devons réfléchir à la bonté immense d’une mère, en éprouver de la gratitude, ressentir l’égalité entre soi et les autres, et comprendre l’importance d’échanger le soi avec les autres. Nous devons générer une grande compassion pour faire naître le désir d’éliminer la souffrance de tous les êtres. Il y a deux étapes pour accomplir cela: en premier lieu, se libérer soi-même, et ensuite, travailler pour la libération des autres. Une puissante aspiration doit être générée dès le début.

Sa Sainteté a dit que si nous pensons principalement à bénéficier tous les êtres qui souffrent, nous devons aussi penser au contenant de ce monde, dans lequel vivent les êtres. Celui-ci a la capacité de pourvoir à tout ce dont nous avons besoin. Nous devons être conscients de l’environnement et de sa destruction. Il a décrit comment les forêts étaient détruites de façon terrible sans aucune compassion, et comment avec une mauvaise compréhension, nous devenions ignorants face à ce qui doit être rejeté et ce qui doit être adopté. Nous devons savoir ce qui doit être fait pour bénéficier les autres. Si nous générons l’aspiration de travailler pour les autres, c’est bien, mais nous avons besoin de plus que cela. Nous devons compléter cette aspiration en nous engageant à travailler pour les êtres. Nous devrions nous entraîner et mettre en action les Six Paramitas. C’est ce qu’on entend par le mot action. Et celle-ci doit être accomplie selon notre niveau et selon la force de notre esprit.

Sa Sainteté a expliqué qu’il est bon de générer de la bodhicitta et de prendre les Voeux de Bodhisattva, mais que si nous ne savons pas comment travailler à notre niveau, cela n’est pas très utile. Si nous sentons que nous devons faire quelque chose qui est au-delà de nos forces, que nous ne serons pas capables de l’accomplir, alors il faut définir quelles sont nos capacités.  Nous convions en quelque sorte tous les êtres comme des invités, il est donc très important de tenir notre promesse envers eux. Nous devons donc travailler progressivement, car si nous abandonnions, ce serait comme décevoir les êtres. Sa Sainteté a mis l’accent sur le fait que nous devrions travailler et nous entraîner étape par étape, sans abandonner. Il est dit que si l’on génère véritablement la bodhicitta, et que si celle-ci avait une forme, l’espace entier ne pourrait la contenir. Même lorsque nous dormons et que nous ne faisons rien, de grands bénéfices en découleront. Sa Sainteté a expliqué que cette description du but et des bienfaits de la bodhicitta n’était pas seulement des mots, mais qu’elle portait en elle une signification très profonde. Cela signifie que partout où il y a de l’espace, il y a des êtres sensibles, et que partout où il y a des êtres sensibles, il y a du karma, des kléshas (émotions négatives) et de la souffrance. Alors, il est essentiel d’avoir de la compassion et de la bienveillance. La bodhicitta contient tous les lieux où il y a des êtres sensibles, et ces êtres sont partout, là où il y a de l’espace. Ainsi, la bodhicitta est omniprésente.

Sa Sainteté a parlé du Tibet des années avant 1959 et a expliqué que la plupart des gens là-bas n’avaient aucune conscience du reste du monde, mais qu’ils avaient la conscience que partout où il y a de l’espace, il y a des êtres qui ont besoin d’amour, d’être libérés de leur souffrance, et qui ont besoin de compassion et de bonté. Lorsque nous générons cet esprit d’éveil, l’amour recouvre tout ce que l’espace recouvre ; alors nous pouvons dire que lorsque nous générons la bodhicitta, le mérite est aussi vaste que l’espace. Il est juste d’affirmer cela.

Sa Sainteté a ajouté qu’il n’est nul besoin d’ajouter quoi que ce soit, nos vies sont pleines de discours, alors passons à l’acte, agissons ! Il a dit qu’il allait réciter les versets de la prise des Voeux de Bodhisattva, d’abord trois fois en tibétain, à cause de son « Égo » (a-t-il dit en anglais) – car il ne se sent pas encore à l’aise pour lire l’anglais- et ensuite une fois en anglais, pour que le sens en soit bien clair.

Après avoir conféré les Voeux de Bodhisattva, Sa Sainteté a mentionné que nous avions été très chanceux de recevoir la conduite du bodhisattva, et que nous devrions nous réjouir comme si nous venions de recevoir un grand trésor. Si de petites choses négatives se produisent, le fait de posséder les Voeux du Bodhisattva va rendre les choses plus faciles, nous allons être en mesure de lâcher prise plus facilement et de faire avec.  Alors nous devrions reconnaître la valeur de ces voeux et nous réjouir. Nous devrions ressentir que maintenant nous pouvons vraiment faire des choses concrètes.

Sa Sainteté a poursuivi avec le texte court des Pratiques Préliminaires qu’il a composé, à travers le texte des Ngondro du Cinquième Karmapa, puis a commencé à enseigner sur la pratique de Vajrasattva. Il a expliqué que le but de la pratique de Vajrasattva est de purifier les actions négatives et les obscurcissements de l’esprit. Si nous nous en remettons aux quatre antidotes ou pouvoirs, notre pratique deviendra alors plus forte et plus efficace. Les quatre pouvoirs sont :

  1. Le pouvoir du support
  2. Le pouvoir de s’en remettre à l’antidote
  3. Le pouvoir de regretter ses actions négatives
  4. Le pouvoir de s’engager à ne pas répéter ces actions négatives.

Le premier pouvoir, le support, se réfère aux Trois Joyaux dans lesquels nous prenons refuge.  Nous devrions prendre refuge brièvement avant de commencer la pratique de Vajrasattva.  Le second pouvoir, qui est lié à l’antidote, est la visualisation de Vajrasattva et la récitation de son mantra. Cette pratique est décrite dans le texte. Nous devrions percevoir la présence de Vajrasattva au-dessus de notre tête, en tant que l’union de la compassion et de la vacuité.  Sa Sainteté a insisté sur l’importance de ressentir que Vajrasattva est vraiment présent.  Nous devons ressentir que nos actions négatives sont purifiées grâce à l’ardeur de notre requête, et qu’ensuite un nectar s’écoule du gros orteil de Vajrasattva, entre par le sommet de notre crâne, et emplit notre corps. Nous devons ressentir que tous nos obscurcissements sont complètement purifiés et que notre corps est clair comme une bouteille. Sa Sainteté a particulièrement dit que si nous avons commis une action très négative ou avons brisé nos voeux et samayas, nous devrions penser à cette action et ressentir qu’elle a été purifiée, et que la pratique a vraiment eu un effet. Le troisième pouvoir est de générer un grand regret envers les actions négatives que nous avons commises. Sa Sainteté a insisté sur l’importance de cette partie de la pratique, et a comparé cela à avoir une maladie grave et à entreprendre une chirurgie ou un traitement afin de la supprimer.  De la même façon, les actions négatives doivent vraiment être éliminées. S’engager à ne pas répéter l’action négative dans le futur est le quatrième pouvoir. Si cette intention n’est pas présente, même si nous nous purifions, le processus de purification n’est pas complet. Le quatrième pouvoir est la façon d’éradiquer totalement les actions négatives. Entreprendre de ne pas répéter l’action est une chose très difficile à faire, toutefois la manière de se résoudre à le faire, est de voir le côté négatif de l’action, de générer du dégoût pour celle-ci, et de s’engager fermement à ne pas la répéter.  Ceci est la base d’une purification authentique.

Vajrasattva

Le Bouddha Vajradhara

La pratique de Vajrasattva est employée pour purifier toute action négative, mais elle est particulièrement indiquée pour la purification des voeux et des samayas brisés.  Les samayas sont la base de nos réalisations, et il est de la plus haute importance de les respecter, de même que nos engagements, et de ne pas fermer les yeux sur nos écarts de conduite, mais de les purifier immédiatement. Dans le Vinaya, si nous maintenons intacts nos vœux de Vinaya, nous n’obtiendrons peut-être pas un haut niveau de réalisation, tel que celui de réaliser sa conscience éveillée dans cette vie, mais nous l’obtiendrons dans notre prochaine vie. Ceci est clairement démontré par la vie de Sharipoutra. Il entendit un mot de Dharma et il atteignit immédiatement la « Voie de la Vision ». De même dans le Vajrayana, si nous maintenons nos samayas, même si nous ne méditons pas ou ne pratiquons pas beaucoup, dans huit ou seize vies nous allons atteindre la « Voie de la Vision ». Sa Sainteté a souligné que l’aspect le plus important de la pratique de Vajrasattva n’est pas de visualiser les couleurs ou les moudras, mais de générer un sentiment de regret et de se résoudre à ne pas répéter l’action négative. Dans la pratique du Vajrayana, il est important d’avoir une visualisation claire, mais dans la pratique de Vajrasattva, si les quatre pouvoirs ne sont pas présents, ce n’est pas une vraie pratique de purification.  Il a expliqué que le long mantra est celui qui doit être accumulé, alors que le mantra court ne doit être récité que quelques fois à la fin de la session.

Il a aussi dit que les prosternations semblent être très difficiles pour certaines personnes.  Si c’est le cas, et qu’il y a vraiment un problème, un minimum de 1,000 prosternations devrait être complété. Il a ajouté cependant que dans la mesure du possible, 100,000 était le nombre à atteindre, et celui-ci devrait être diminué à 1,000 uniquement s’il y a une réelle difficulté physique.

Certaines personnes avaient aussi demandé des enseignements sur le Gourou Yoga, mais Sa Sainteté a dit que le temps manquait pour cela. Il a ajouté en plaisantant : « OM STOP SVAHA !!! ».  Mais après les cris de prostestations de l’auditoire, il a recommencé à enseigner.

Sa Sainteté a expliqué qu’il y avait le Gourou Yoga Spécifique qui fait partie des Six Yogas de Naropa, et le Gourou Yoga ordinaire, qui est la quatrième pratique des Pratiques Préliminaires.  Le Vajrayana est un raccourci, une voie rapide, et son essence en est la dévotion. On dit parfois qu’il est plus efficace de visualiser l’enseignant tel qu’il est maintenant, sous sa forme actuelle, sans le transformer en un bouddha, mais ici, dans les Pratiques Préliminaires, l’enseignant est visualisé sous la forme de Dorjé Chang.

Nous le visualisons ainsi de façon à ne pas le percevoir comme un être ordinaire. Sa Sainteté a expliqué que dans le Vajrayana, nous transformons notre façon habituelle de voir les choses, ainsi nous nous visualisons aussi sous la forme d’un yidam. Dans la tradition Karma Kamtsang, Vajravahari est le yidam principal. La façon correcte de visualiser est de maintenir la vue de l’union de la vacuité et de l’apparence en même temps; la sagesse et les moyens habiles ensemble. S’ils sont séparés, cela n’a que peu d’effet.  Alors, en visualisant l’enseignant en tant que Dorjé Chang au-dessus de notre tête, nous devons réciter la Prière à Sept Branches et l’offrir à notre maître. Lorsque nous pratiquons le Vajrayana et visualisons le yidam, la pratique doit être imprégnée de la vue de l’union de la sagesse et des moyens habiles.  Nous devrions voir que tout est vacuité, et même si nous ne comprenons pas parfaitement ce que cela signifie, nous devrions aller dans ce sens autant que possible. Grâce à cette vue, qui est la façon correcte de comprendre les phénomènes, cette clarté, cette conscience se transforme en la déité.

La conscience exécute deux activités en même temps: l’activité des moyens habiles et l’activité de la sagesse. La déité a les qualités du résultat- de l’être éveillé- Ce sont ces qualités qui apparaissent en tant que déité. Ceci est la caractéristique, très particulière, du Vajrayana; c’est sa spécificité que d’utiliser le résultat au commencement.

Dans le Soutrayana, nous parlons de l’inséparabilité de la sagesse et de la compassion, mais il n’y a pas de mention de la cause en tant que résultat. Sa Sainteté a insisté sur le fait que la bodhicitta doit être également présente. Nous nous générons en tant que déité avec clarté et fierté divine. Nous visualisons le maître au-dessus de notre tête ; peut-être que le sentiment de fierté peut diminuer un peu, mais l’aspect de clarté doit demeurer très puissant. Nous offrons alors la Prière à Sept Branches au maître. Nous devrions le percevoir en tant qu’incarnation des Quatre Kayas, mais si nous ne savons pas très bien comment visualiser cela, nous pensons aux qualités que possède le maître et nous concentrer sur celles-ci. Nous faisons ensuite la prière de notre coeur. De la lumière est émise des trois portes (front-gorge-cœur) de l’enseignant, et pénètre respectivement nos trois portes. Le Karmapa s’est alors interrompu et a dit qu’il n’y aurait pas assez de temps pour distribuer les pierres, et qu’il serait obligé de les lancer à chacun, ce qui a fait rire l’assemblée! Il a ajouté comment ces roches provenant de 101 pays, l’avaient rendu très heureux.

Sa Sainteté Le Gyalwang Karmapa

Sa Sainteté Le Gyalwang Karmapa

Il a mentionné que ce qu’il a dit n’était pas si important, mais que la chose la plus importante était de se voir, de se rencontrer et d’être tous ensemble dans un même lieu. Il a exprimé sa joie de rencontrer tout le monde en personne.  Sa Sainteté a dit qu’il avait pris plaisir à partager ces trois jours d’enseignement avec nous et qu’il sentait qu’il avait établit une connexion avec chacun d’entre nous, surtout en lisant et en répondant aux questions.  Il a remercié tout le monde pour leurs questions et a dit que même s’il n’avait pas eut le temps de répondre à toutes, qu’il les avait toutes lues. Il a exprimé le souhait de revoir tout le monde encore et encore, en espérant que tous puissent revenir au prochain Kagyu Mönlam. Il a suggéré à l’assemblée de prier et de dédier le mérite qui a avait été accumulé. Il espère que les prières récitées durant le Kagyu Mönlam n’étaient pas uniquement de simples mots, mais que ces mots allaient se transformer en lettres d’Or qui émanent de nos coeurs et fleurir dans le monde entier pour procurer à tous, bénédictions et bienfaits.

En ce qui concerne les roches, Sa Sainteté a dit qu’en les distribuant à chacun, quel que soit l’endroit où nous les amènerons, le simple fait de les transporter dans d’autres pays va étendre le message d’amour et de compassion dans tous les coins du monde. Sa Sainteté a ajouté qu’il ressentait notre présence dans son coeur et qu’il espère que nous allons devenir une grande lumière qui brille dans la nuit, de façon à ce qu’il puisse nous reconnaître où que nous soyons, comme des étoiles dans le ciel. Et que la brillance de ces étoiles supprimera l’obscurité et éliminer la souffrance et la tristesse de ce monde.

Les enseignements dans le Monastère de Gyuto

Les enseignements dans le Monastère de Tergar

Offrande du Mandala

Offrande du Mandala par Ngeudroup Pèlzom, la soeur du Karmapa

L'équipe de traducteurs

L'équipe de traducteurs

Souhaits et recueillements

Souhaits et recueillements

Enseignements :

La Compassion et la Véritable nature de l'Esprit

Le Guide de l'Environnement du Karmapa

Les 108 choses à faire pour l'environnement

Les déplacements du 17ème Gyalwang Karmapa

Le retour de Karmapa aux U.S.A.

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Le 19 mai 2008, dans la salle du Hammerstein Ballroom de New-york, le public était serré et enthousiaste : Tibétains, Chinois et Occidentaux, la plupart étaient disciples du précédent Karmapa. Le silence se fit plein de promesses, lorsque Dzogchèn Ponlop Rinpoché présenta le tant-attendu Karmapa Ogyen Trinley Dorjé…

Présentation du Karmapa aux Etats-Unis par Dzogchèn Ponlop Rinpoché, Principal organisateur de la venue du Karmapa aux Etats-Unis en 2008

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La vie en Inde

La vie en Inde

L’arrivée du Karmapa à Dharamsala bénéficia d’une couverture médiatique extraordinaire dans la presse internationale : The Associated Press, Agence-France Press, The BBC, CNN, NBC, ABC, CBS, The Economist, Newsweek, Time, The New York Times, The Times of India, the Hindustan Times, et la plupart des autres médias du monde entier.