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Le Karmapa commence les enseignements sur les Trente-sept pratiques d’un bodhisattva

29 mai 2018 – Riverside Church, New York, NY

Il y a dix ans, Sa Sainteté a publié les Routes de la compassion, son commentaire des Trente-sept pratiques d’un bodhisattva, texte qu’il avait enseigné à un groupe de nonnes, qui vivent de l’autre côté du globe, dans un petit village du Nord de l’Inde. Aujourd’hui, il renoue avec ce texte dans la métropole prospère et multi-ethnique qu’est New York ; il nous montre à nouveau que cette célèbre explication de la méthode qui permet de développer un cœur pur afin d’être bénéfique à soi-même et aux autres s’adresse à tous et en tout lieu.

L’enseignement d’aujourd’hui a lieu à l’église de Riverside, un site important de New York, bien connu pour son ouverture à de nombreuses traditions spirituelles et son activité humanitaire au sein de la communauté.

Au centre, devant l’autel, se trouve le siège de Sa Sainteté, recouvert de brocart doré, et derrière, une grande image d’Avalokiteshvara flottant au-dessus de New York. Les gens sont venus de partout dans le monde pour assister à l’enseignement du Karmapa. Le Président de Karma Triyana Dharmachakra, Khènpo Karma Tènkyong, souhaite la bienvenue à tout le monde et parle des Cinq certitudes en lien avec les enseignements d’aujourd’hui. La première certitude est celle de l’enseignant parfait, le Bouddha Gyalwang Karmapa, qui montre à chacun comment observer son esprit. La deuxième est l’enseignement parfait du dharma, les Trente-sept pratiques d’un bodhisattva de Ngulchou Thogmé, qui dissipe l’obscurité des doutes. La troisième est celle du lieu parfait, l’Église de Riverside, qui a pour tradition de recevoir des gens éminents tels que Sa Sainteté le Dalaï-Lama, le 16e Gyalwang Karmapa, Martin Luther King et Nelson Mandela. La parfaite assemblée est celle de nos amis sur le chemin du dharma qui sont ici autour de nous. Et pour finir, le moment parfait est celui du jour de la pleine lune du mois de Saga Dawa, où le Bouddha naquit, atteint l’éveil et passa dans le nirvana.

 

Puis Sa Sainteté commence.

« Cet événement a été créé par la Fondation Karmapa Khyenno et Karma Triyana Dharmachakra, assistés de la ‘Karmapa Service Society’ et d’Océan de Mérite’, avec l’aide de la Fondation Danang, de Thrangou Dharmakara et les centres KTC du New Jersey et de New York. Nous leur sommes reconnaissants pour leur soutien.

Celui qui enseigne sur l’apprentissage des bodhisattvas se doit d’incarner l’activité d’un bodhisattva et d’être capable d’inspirer les gens. Au minimum, cette personne  devrait pouvoir amener tous ceux qui entendent l’enseignement à développer la bodhicitta d’aspiration, les mettant ainsi, de façon irrévocable, sur le chemin de l’éveil certain.

Pour être honnête, je n’ai pas le sentiment d’avoir ces qualités et aussi devant cette noble assemblée, je me sens un peu gêné d’enseigner les pratiques d’un bodhisattva. Cependant, chacun ici partage le souhait de pratiquer l’entraînement des bodhisattvas, y compris moi-même ; je vais donc considérer que nous faisons tous cet apprentissage ensemble et je vais faire de mon mieux pour l’expliquer. Je pense qu’il serait bon de commencer par la lecture rituelle du texte et puis d’étudier le texte strophe par strophe.

 

Le texte des Trente-sept pratiques a trois sections principales : en premier lieu, l’hommage à la lignée d’où ces enseignements sont issus et l’engagement de composer le texte ; deuxièmement, la partie principale du texte ou l’explication de son sujet central, et finalement, la conclusion.

Le texte commence avec l’invocation en sanscrit ‘Namo Lokeshvaraye’, qui signifie ‘Hommage au Seigneur du monde’, l’un des nombreux noms du bodhisattva Avalokita ou Chènrézi. Pourquoi l’auteur commence-t-il par lui rendre hommage ? Chènrézi est l’incarnation de la compassion de tous les bouddhas, et l’apprentissage principal d’un bodhisattva est l’amour, la compassion et la bodhicitta.

 

La première strophe compose l’hommage :

A vous qui voyez les phénomènes comme dépourvus d’aller et venue et qui pourtant vous appliquez au seul bien des êtres, à vous Maître Sublime, vous Avalokita le sauveur, je rends constant et respectueux hommage par les trois portes.

« En rendant hommage à Chènrézi inséparable de son gourou, l’auteur, Ngulchou Thogmé, souligne les deux caractéristiques principales de Chènrézi : sa sagesse primordiale qui connait tout, et sa compassion aimante. Par la première, il connait la nature de toute chose telle qu’elle est ; par la seconde, il œuvre à secourir ceux qui souffrent car ils n’ont pas réalisé la nature illusoire des phénomènes.

 

La deuxième strophe est l’engagement de composer le texte :

La source du bien et du bonheur, ce sont les parfaits bouddhas, advenus par l’accomplissement du saint dharma. Puisque nous dépendons de la mise en œuvre de celui-ci, j’exposerai la pratique des bodhisattvas.

La première ligne indique la source des bienfaits et du bonheur immédiats aussi bien qu’ultimes, c’est-à-dire les parfaits bouddhas. Ayant pratiqué les étapes du chemin, les bouddhas eux-mêmes apparaissent de l’accomplissement véritable des enseignements authentiques du mahayana. Ils s’engagent dans la méthode, qui fait naître la bodhicitta, la racine de la grande compassion ; puis, graduellement, ils cultivent les six perfections en commençant par la générosité. Cette pratique se combine avec la sagesse, la sixième perfection, qui réalise l’absence de véritable existence de toutes choses. A nouveau, cette pratique dépend d’une compréhension correcte de ce que la pratique implique. Donc, pour permettre aux êtres de réaliser l’état de bouddha, qui dépend de la pratique du dharma et de la compréhension qu’on a de ce dernier, l’auteur Ngulchou Thogmé va expliquer la pratique des bodhisattvas.

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La strophe suivante – la première des trente-sept pratiques – marque le début de la deuxième section du texte qui est la principale. Cette section a deux parties : la première comprend les préparations qui conduisent au chemin, et la seconde partie est la partie principale, qui décrit les trois types d’individus. Les préliminaires incluent les sept strophes suivantes, chacune traitant d’un sujet séparé. La première nous invite à comprendre combien notre renaissance humaine actuelle est précieuse,

avec ses libertés et ses ressources.

En ce moment où me voilà pourvu du vaisseau si difficile à obtenir de la précieuse existence humaine, afin que les autres et moi-même puissions sortir de l’océan du cycle des existences, jour et nuit sans distraction, apprendre, réfléchir et méditer est la pratique d’un bodhisattva.

« Les enseignements Kadampa disent que par le seul fait d’avoir obtenu une précieuse existence humain, vous avez déjà fait la moitié du chemin vers l’état de bouddha. C’est très important car elle est libérée de la plupart des obstacles vers le chemin de l’éveil et elle est dotée de ce qui est favorable à la pratique du dharma. Un tel état pourvu de ressources excellentes est extrêmement difficile à trouver, alors ne gaspillons pas cette précieuse renaissance mais utilisons-la bien pour parvenir à notre but.

 

La deuxième strophe traite du sujet du remède aux trois poisons : abandonner son pays natal car là est leur origine.

Désir et attachement pour les proches sont comme des flots agités; colère et aversion pour les ennemis sont comme un brasier brûlant; pour celui qui, enténébré par l’ignorance, vit dans l’oubli du bien et du mal, abandonner son pays natal est la pratique d’un bodhisattva.

« En tant que débutants, il nous est difficile de faire face aux trois poisons mais nous pouvons mettre de la distance entre nous et les conditions qui les stimulent. Au pays natal, nous sommes entouré de gens que nous connaissons, certains d’entre eux que nous n’aimons pas et d’autres que nous aimons. Ce type d’environnement nous empêche de détendre notre esprit et nous empêche de trouver un lieu où nous pouvons nous reposer et nous installer ; aussi pour des débutants, s’échapper est une aide. Nous ne pouvons peut-être pas faire ceci complètement, mais nous pouvons peut-être nous tenir à distance par l’esprit. Notre environnement a sans aucun doute un effet sur nous.

 

La troisième strophe aborde la préparation sous un autre aspect, celui de ce qui est positif, et présente les bénéfices de la solitude ou de l’isolement.

Par l’abandon des lieux défavorables, les perturbations internes peu à peu diminuent; par l’absence des sources de distractions, l’application vertueuse s’accroît naturellement; par la clarté de l’esprit, naît la certitude de la vérité du dharma; demeurer dans la solitude est la pratique d’un bodhisattva.

La solitude dont il est question ici est une solitude physique, par exemple un lieu où il n’y a personne d’autre ; mais de nos jours, nous ne pouvons pas tous partir dans un endroit isolé, et même si nous le pouvions, nous ne pourrions y passer toute la vie. De plus, le seul fait d’aller dans un endroit isolé ne garantit pas que notre esprit trouvera la solitude qui lui permettra de se poser en lui-même. Donc, ce qui est important, même si nous vivons dans une ville animée, c’est de prendre du temps pour le dharma, ce qui signifie prendre du temps pour nous. Répondre aux nombreuses exigences du travail, de la société et de la famille nous occupe beaucoup ; il est donc important de passer du temps seul. Nous avons besoin d’un  temps où nous pouvons être en paix et nous détendre ; autrement, notre esprit est constamment dérangé par les autres et par les circonstances extérieures.

 

« La quatrième strophe traite de comment nous détourner mentalement des soucis de cette vie grâce à la contemplation de l’impermanence.

De ceux que nous avons longtemps aimés, nous serons séparés; les richesses accumulées par l’effort seront laissées derrière nous; de l’auberge du corps, notre conscience qui en est l’hôte devra partir; détourner notre esprit de cette vie est la pratique d’un bodhisattva.

Cette strophe souligne le fait qu’il nous faut nous concentrer sur le long terme pour pratiquer le dharma, ce qui veut dire que nous ne sommes pas trop attaché à une gratification immédiate, au bonheur et aux plaisirs de cette vie. Sans cette vision à long terme, il est difficile de pratiquer le dharma. Nous détourner mentalement de cette vie veut dire que nous sommes moins obsédé par cette vie et nous rappelons qu’il y a d’autres vies à venir, ce qui nécessite une préparation. Nombre d’entre nous sommes si préoccupés par les plaisirs de cette vie – essayant constamment d’apporter des gratifications au corps, à la parole et à l’esprit – que nous sommes incapables d’imaginer quoi que ce soit au-delà de cette vie. Mais comme nous le savons tous, chaque situation, chaque plaisir est voué à changer, aussi nous faut-il avoir une perspective plus longue et rechercher le bonheur durable qui vient de la pratique du dharma.

 

La cinquième strophe parle du besoin d’éviter les amis et les enseignants nuisibles.

Quand, par la fréquentation des autres, les trois poisons augmentent et que se détériorent l’étude, la réflexion et la méditation, délaisser les mauvais amis qui réduisent à néant amour et compassion est la pratique d’un bodhisattva.

« Les influences négatives décrites dans cette strophe renvoient à une catégorie de compagnon qui peut être un enseignant spirituel qui promulgue ce qui est incorrect ou qui n’est pas authentique ; ça peut aussi être un ami ou un pratiquant du dharma dont la façon de penser et le comportement sont erronés. L’idée ici est que quiconque fait croître vos trois poisons et se détériorer votre pratique de l’écoute, de la réflexion et de la méditation est une influence négative ; vous devez donc prendre vos distances avec cette personne.

 

La sixième strophe parle de la situation opposée, avec un véritable ami spirituel.

Quand, par l’association avec un autre, nos fautes s’épuisent et que nos qualités croissent comme la lune montante, chérir plus que son propre corps ce saint compagnon est la pratique d’un bodhisattva.

Le point exposé ici est que nous devons nous associer avec des amis spirituels authentiques qui font que tous nos défauts diminuent régulièrement et toutes nos qualités augmentent régulièrement. Ainsi devons-nous chérir ces amis plus que notre propre vie ou notre corps. Nos parents nous ont donné cette vie humaine, mais nos amis spirituels nous donnent notre vie spirituelle. Puisque nous chérissons cette vie, nous devons chérir les amis spirituels qui nous la donnent.

 

La septième strophe traite du refuge. On prend refuge en les Trois Joyaux car ils sont infaillibles ou ne trompent pas ; cela se passe de commentaire.

Puisqu’eux-mêmes sont enchaînés au cycle des existences, quel pouvoir les dieux de ce monde ont-ils de nous protéger ? Si nous voulons donc une protection, chercher refuge auprès des Trois Joyaux est la pratique d’un bodhisattva.

« En somme, ces sept strophes sont sept méthodes ou aspects des préliminaires qui nous font entrer dans le dharma. Les gens ont parfois du mal à comprendre pourquoi on en parle autant, mais c’est souvent l’expérience de la vie qui nous fait apprécier leur valeur. Si vous ne voyez pas pourquoi on met l’accent sur ces préliminaires, ne les rejetez pas d’emblée. Le moment venu, vous vous rendrez compte de leur valeur. En fait, nous devons tous nous y intéresser.

Il se peut que des gens pratiquent longtemps (10 ou 12 ans) sans obtenir aucun signe particulier ou progrès. La raison principale en est qu’au début, ils n’ont pas laissé leur esprit se pénétrer des pratiques préliminaires ou se fondre avec elles. Esprit et préliminaires doivent être en contact, de la même manière que la peau adhère à la chair. Si non, quand nous essayons les pratiques principales ou plus élevées, nous découvrirons que le dharma demeure éloigné car, au début, il ne s’est pas mêlé à notre esprit. Aussi, faites bien les préliminaires. Faites qu’ils collent à votre esprit, tout comme la peau colle à la chair.

Il facile de lire un texte et d’en avoir une compréhension de base, mais il est plus difficile d’appliquer ces enseignements à votre vraie vie, ce qui n’est pas aussi simple que de lire un livre. La vie n’est pas si simple car les choses sont mélangées ; le bien et le mal, le vrai et le faux apparaissent ensemble. Comme la vie est difficile et pas aussi claire et nette qu’un livre, il nous faut passer du temps à faire usage de notre esprit analytique et de notre sagesse. La vie n’est pas un livre ouvert, nous devons donc regarder au-delà de la page écrite pour voir ce qui se passe autour de nous.

Les strophes qui traitent des influences négatives et des amis spirituels, par exemple, nous disent d’éviter les mauvais amis qui font augmenter les trois poisons (l’ignorance, l’attachement et la colère). Ça parait simple mais la réalité peut se révéler plus compliquée. Les trois poisons peuvent augmenter si, dans une relation avec un ami spirituel, votre motivation est impure, ou bien vos pensées et vos actes sont incorrects.

L’ami spirituel peut être authentique, et même irréprochable, mais les poisons croissent malgré tout en raison de notre état d’esprit imparfait. Le texte le dit simplement : délaissez ceux qui font que vos trois poisons augmentent. En pratique, cependant, la situation implique aussi que vous examiniez si vos pensées sont correctes ou non. L’ami spirituel n’est peut-être pas le problème mais votre motivation, si. Nous en avons un exemple historique avec le Bouddha qui, pour le moins, était l’ami spirituel idéal ; néanmoins, certaines personnes le voyaient comme imparfait et leurs poisons augmentaient à son contact.

Les textes disent qu’un ami spirituel devrait être parfait, être doté de toutes les vertus et qualités, et être libre de tout défaut ou faiblesse de caractère. C’est la description d’un idéal, théoriquement le meilleur du meilleur. En fait, cependant, il est très difficile de trouver quelqu’un comme ça. L’essentiel n’est pas de savoir si l’ami spirituel a des défauts ou non, mais l’effet qu’il a sur vous. Grâce à ses qualités, et indépendamment de ses défauts, il a sur vous une influence positive, vous tourne vers le spirituel, vous donne du courage et crée une certitude renouvelée en le dharma. De plus, ces changements ne sont pas éphémères mais demeurent. C’est ce qui compte.

En fait, quand nous considérons l’authenticité d’un ami spirituel, nous ne devons pas penser à l’ami spirituel comme isolé dans un espace vide. Pourquoi ? Parce que son authenticité est déterminée par les bienfaits qu’il apporte à un disciple particulier. La relation entre un enseignant et l’étudiant est interdépendante ; un enseignant est évalué en fonction des bienfaits qu’il apporte à l’étudiant. On a parfois l’impression qu’on parle d’amis spirituels comme d’individus isolés, mais il est en fait beaucoup plus utile d’envisager l’interdépendance de la relation entre l’enseignant et l’étudiant. Est-elle bénéfique à ce disciple en particulier ?

 

Ceci complète la présentation des préliminaires ; nous allons maintenant passer à la partie principale, l’explication des trois étapes sous l’angle des trois types d’individus.

La huitième strophe décrit le chemin de l’individu de capacité inférieure.

Les insupportables souffrances des mondes inférieurs sont le fruit des actes négatifs, comme le Bouddha l’enseigna. Par conséquent, même au péril de sa vie, ne jamais commettre d’actes négatifs est la pratique d’un bodhisattva.

Un individu de capacité inférieure est quelqu’un qui, motivé par la crainte d’une renaissance inférieure, évite tout acte négatif.

 

La neuvième strophe traite des individus de capacité moyenne.

Les bonheurs des trois sphères d’existence sont comme une goutte de rosée sur la pointe d’une herbe ; en un seul instant, les voilà détruits. Tourner ses efforts vers le sublime état de libération qui jamais ne change est la pratique d’un bodhisattva.

L’individu de capacité moyenne est quelqu’un qui, comme il a transcendé l’attachement à tous les plaisirs du samsara, s’efforce à la libération individuelle. Le Seigneur Atisha, fondateur de la tradition Kadampa, a présenté le chemin bouddhiste sous l’angle des trois types d’individus. C’était sa manière de résumer toutes les pratiques des soutras et des tantras. Cependant, le terme ‘individu’ ou ‘personne’ ne rend pas vraiment le sens du terme sanscrit originel de ‘purusha’. Ce terme indique une personne, mais une personne dotée d’un pouvoir ou d’une capacité. Chaque individu de ces trois types a une certaine capacité, qui peut se traduire par la question : quelle responsabilité cette personne est-elle prête à assumer ? C’est ce qui distingue les trois types : le degré de responsabilité que la personne peut supporter.

Le chemin de ces trois types d’individus ressemble beaucoup au parcours de notre vie. Quand nous naissons, nous sommes un minuscule bébé, incapable de survivre tout seul et nous dépendons complètement des autres, en particulier de nos parents. Tôt ou tard, nous apprenons à marcher, puis nous travaillons et fonctionnons dans le monde. De même, par le chemin spirituel, notre aptitude à assumer des responsabilités augmente à mesure que nous traversons ces trois étapes de notre vie.

Quand nous débutons notre chemin spirituel, nous ne pouvons assumer la responsabilité de l’individu de capacité supérieure, et pourtant, nous finirons par développer cette capacité. Il vaut donc mieux ne pas considérer ces trois types d’individus comme des catégories figées (nous restons un individu de capacité inférieure, ou bien nous commençons comme un individu de capacité supérieure et le restons). C’est en fait une question d’étapes que nous devons franchir à mesure que nous avançons sur le chemin spirituel.

Si nous considérons que notre voyage spirituel ressemble à notre vie physique, alors il y a aussi des étapes, comme il y en a pour un enfant qui grandit. Tout comme les enfants reçoivent une éducation et un apprentissage, nous avons aussi besoin d’un apprentissage sur le chemin spirituel. Si les enfants ne reçoivent pas l’apprentissage nécessaire, ils resteront enfantins toute leur vie. Tout comme nous avons besoin de soin et d’attention dans l’enfance, il nous faut aussi un soin spirituel pour grandir spirituellement.

Il n’est pas facile d’élever un enfant ; cela implique des relations entre parents, frères et sœurs, etc. D’un côté, tout le monde veut être aimant et affectueux vis à vis d’un enfant, mais il est aussi vrai que les enfants peuvent être très espiègles. C’est aussi vrai de notre esprit qui peut être encore plus espiègle qu’un enfant malicieux ; alors, parfois, nous avons du mal à éduquer notre esprit.

En général, nous avons besoin d’une image ou d’une analogie pour comprendre comment notre vie spirituelle se développe. Si nous comprenons qu’en façonnant notre esprit, nous faisons quelque chose qui s’apparente à l’éducation d’un enfant, nous saurons comment faire pour avancer sur le chemin. Sans une image de ce que nous avons à faire, nous risquons de nous sentir un peu perdu ou mal assuré quant à comment pratiquer.

L’individu de capacité inférieure, qui est présenté comme le plus petit dénominateur commun du chemin spirituel, est quelqu’un (comme les deux autres types d’individus) qui croit aux renaissances, et dont le souci principal est d’éviter une renaissance inférieure.

De nos jours cependant, il nous faut diviser le premier type en deux catégories : le principal ou le vrai, et l’individu purement inférieur. Le vrai est celui que nous avons décrit comme quelqu’un qui croit aux renaissances et qui, par crainte des mondes inférieurs, s’efforce d’éviter les actes négatifs (qui y conduiraient). L’individu purement inférieur est une catégorie dont il est rarement question dans les textes bouddhistes mais dont nous avons besoin dans notre monde contemporain pour décrire les gens qui sont sur un chemin spirituel mais ne croient pas aux renaissances ou n’en sont pas sûrs. Ils sont principalement concernés par les bienfaits en cette vie et n’envisagent pas beaucoup ou pas du tout les vies passées ou futures. »

 

Avec cette actualisation des enseignements bouddhistes traditionnels, le Karmapa clôt la session du matin par la récitation des Souhaits du mahamoudra du Sens définitif du 3e Karmapa et par la dédicace du mérite accumulé par l’écoute de ces enseignements.

Enseignements :

La Compassion et la Véritable nature de l'Esprit

Le Guide de l'Environnement du Karmapa

Les 108 choses à faire pour l'environnement

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La vie en Inde

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L’arrivée du Karmapa à Dharamsala bénéficia d’une couverture médiatique extraordinaire dans la presse internationale : The Associated Press, Agence-France Press, The BBC, CNN, NBC, ABC, CBS, The Economist, Newsweek, Time, The New York Times, The Times of India, the Hindustan Times, et la plupart des autres médias du monde entier.